Selon une enquête RégionsJob, 45,5% des candidats à un recrutement portent leur attention en priorité au salaire proposé dans une offre !

Le salaire est déterminant dans l’attractivité des cadres, et ce dans tous les secteurs d’activité. En connaître les tendances et les évolutions est ainsi indispensable pour mener à bien une négociation salariale et réussir à recruter des profils expérimentés. 

Quelles sont les tendances des salaires pour les cadres en 2018 ? Quelles spécificités par secteurs ? Découvrez les chiffres dans cet article !

Les tendances générales des salaires en 2018

Selon le baromètre Expectra (filiale de Randstad), les salaires des cadres ont augmenté de 2,7% au premier semestre 2018 (en comparaison avec celui de 2017).

Le contexte économique actuel favorise une augmentation significative du salaire des cadres, lesquels sont donc plus optimistes.

C’est un fait, les salaires des cadres augmentent régulièrement depuis plusieurs années. Cependant, la croissance de 2017 a permis à cette année d’être particulièrement salvatrice pour les niveaux de rémunération.  De plus, avec un taux de chômage en dessous des 5%, les cadres sont en réelle position de force pour négocier leurs salaires, ce qui est donc également un facteur à prendre en compte. C’est d’ailleurs visible par le fait que dans un quart des cas, le salaire à l’embauche est supérieur à ce qui a été envisagé par l’entreprise en amont du recrutement.

Concernant les montants de rémunération, en 2018, le salaire moyen (fixe + variable) de tous les cadres en poste, tout secteur et tout niveau d’expérience confondus, est de 56k€, avec une répartition de 35k€ à 85k€ pour 80% des salaires. Cela traduit une grande diversité des niveaux de rémunération, qui, reste cependant marquée par une forte représentation des salaires entre 35k€ et 54k€.

Cette dynamique globale semble être confirmée par le ressenti des cadres, qui sont plus optimistes pour leurs perspectives salariales qu’en 2017 : 1 cadre sur 2 a obtenu une augmentation de salaire en 2017, et environ la même proportion prévoit d’en demander une en 2018. Enfin, 35% des cadres jugent intéressantes ou très intéressantes leurs perspectives d’évolution de rémunération à l’horizon 3-5 ans, contre 29% en 2017.

Spécificités par populations, secteurs et entreprises

La responsabilité hiérarchique et la gestion d’un budget sont deux facteurs influençant significativement la rémunération du poste.

De légères différences par rapport à 2017 : secteurs d’activité, niveau d’expérience et taille des entreprises.

En 2018, ce sont les cadres de l’Industrie qui remportent haut la main les meilleurs niveaux de rémunération, avec un salaire moyen de 52k€. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce secteur semble particulièrement être porteur pour les cadres. La plasturgie, et l’industrie pharmaceutique sont les industries les plus rémunératrices, avec respectivement 56k€ et 54 k€ de salaire moyen pour les cadres. En revanche, les services et le BTP sont les moins rémunérateurs, avec un même salaire moyen à 47k€. La différence est vraiment marquée pour les cadres de la formation initiale et continue, ainsi que les ingénieurs en recherche et développement, dont le salaire moyen tombe à 42k€. Ainsi, le classement reste similaire à celui de 2017, et n’évolue pas significativement.

Concernant le niveau d’expérience, le panel de salaire proposé aux jeunes diplômés dans les offres reste globalement le même entre 2017 et 2018. Ainsi, la médiane est à 35k€. La situation est la même pour les offres destinées aux cadres confirmés, dont la médiane est située à 39k€. En revanche, les salaires les plus hauts ont lègérement progressé pour les cadres débutants, notamment sur des fonctions pénuriques. En effet, 80% des salaires sont situés entre 25k€ et 49k€ pour les jeunes diplômés, contre 25k€ à 47k€ en 2017.

Concernant la taille des entreprises, sans surprise, les plus grandes rémunèrent mieux leurs cadres que les plus petites. Entre une TPE, et un groupe de plus de 1000 salariés, la rémunération peut augmenter de 6k€ en moyenne, pour un poste similaire. Cela renforce l’idée que, face aux grandes entreprises, les TPE/PME doivent miser sur d’autres éléments d’attractivité que le salaire, pour rester compétitives dans un contexte de guerre des talents.

Les autres modalités de rémunération (hors salaire fixe)

La part variable « à court terme » peut représenter, dans la moitié des cas, plus de 9% de la rémunération annuelle brute totale.

La part variable du salaire, l’intéressement, ainsi que certains avantages font partie des éléments incontournables de rémunération des cadres.

En plus du salaire fixe, les rémunérations des cadres sont souvent accompagnées d’une partie variable. Ainsi, un cadre sur deux perçoit une rémunération variable à court terme, dont la quasi-totalité est composée de primes sur objectif. Ce mode de rémunération, très courant, est d’ailleurs beaucoup plus utilisé par les grands groupes. Si l’on regarde les entreprises de 1 à 19 salariés, le pourcentage tombe alors à 38%.

Concernant la participation et l’intéressement, les proportions de cadres concernés sont restées strictement stables. L’intéressement arrive en première position, avec 2 cadres sur 5 concernés environ.

La situation est également la même pour le reste des avantages : aucune variation supérieure à 2% n’est perceptible depuis 2017. La mutuelle arrive naturellement en premier, avec 96% de cadres concernés. Ce n’est bien sûr pas étonnant, au vu de l’obligation pour toute entreprise de proposer une mutuelle à ses salariés en vigueur depuis le 1er janvier 2016. Les tickets restaurants et la prévoyance restent également majoritaires chez les cadres.

En somme, peu de variations sont réellement significatives dans le détail concernant les salaires des cadres en 2018, les secteurs les plus rémunérateurs en 2017 ont continué à l’être cette année. Néanmoins, il est important de souligner une nette augmentation générale des salaires des cadres par rapport à 2017, qui traduit une bonne montée en puissance de l’économie française. Selon l’Apec, les recrutements de cadres en 2019 et 2010 pourraient d’ailleurs atteindre des niveaux inégalés avec plus de 276 000 embauches !

En prenant en compte le faible taux de chômage, la pénurie de talents dans plusieurs domaines, la recherche de profils de plus en plus « polycompétents », ou encore la présence de grands groupes aux moyens financiers importants dans certaines filières à succès, le salaire des cadres jouit d’une excellente conjoncture en 2018 qui devrait se poursuivre en 2019 !

La capacité à suivre les tendances des salaires,à la hausse depuis ces dernières années, sera décisive pour les entreprises qui souhaitent rester attractives auprès des cadres français.